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| Loin de nous l’idée de promouvoir un candidat plutôt qu’un autre. Néanmoins, il est de notre devoir de revenir sur le bilan d’une présidence qui laissera des traces sur la Nation, sur le Peuple et surtout sur l’ensemble du monde du travail. La France de 2007 avait choisi celui qui se présentait comme un «réformateur protecteur». La France de 2012 se réveille 5 ans plus tard avec le vague à l’âme d’un pays un peu plus désorienté, un peu plus triste, un peu plus émietté. La France est en perdition économique, massacrée par la concurrence internationale. Le dernier quinquennat a enfoncé le pays dans son spleen. Sa promesse de «rupture» est vite apparue comme celle que la presse économique appelait de ses voeux depuis une bonne vingtaine d’années : revoir la protection sociale, limiter le rôle de l’Etat, en bref, mettre la France aux normes libérales. Ce quinquennat a fait des millions de trahis. Les premiers trahis ce sont tous ces Français qui ont sincèrement couru le risque du «travailler plus pour gagner plus» en voyant qu’au sein de leur PME, le partage de la richesse était le souci de tous. Résultat : 5 ans plus tard, le nombre d’heures total travaillées en France est inférieur à celui de 2007. Et ceux qui travaillent plus sont invités à gagner moins comme les «Continental» ou les «Molex» en 2009 : l’emploi ou les 35 heures, il a fallu choisir. Ce quinquennat a bloqué la refonte du système de protection sociale. Celui qui affirmait en 2007 devant le Sénat : « la priorité, c’est de traiter la question des régimes spéciaux de retraites » aura provoqué six mois de conflits violents en France pour une modification à la marge du système de retraite qui non seulement n’assure pas la pérennité du système par répartition, mais surtout ne règle en aucune manière les inégalités de droits devant la retraite. Cette douloureuse et onéreuse réforme pour rien, aura sans doute interdit pour longtemps la véritable réforme sensée conforter le financement pour toutes les générations futures. Ce quinquennat a bloqué la confiance dans l’effort et dans le travail. Celui qui affirmait en 2007 être le représentant de «la France qui se lève tôt le matin et qui pour autant peine à boucler ses fins de mois» a plus que tout déçu ceux qui ont cru à la juste rémunération de leurs efforts. Car 5 ans plus tard, ceux qui ont le plus perdu, ceux qui ont été les plus déclassés, sont justement ceux qui composent cette France qui se lève tôt. Le candidat du pouvoir d’achat et de la valeur travail, aura été en fait le Président des notables et des actionnaires. Et c’est un doux euphémisme... Ce quinquennat a bloqué la refonte du capitalisme français. Celui qui affirmait en 2007 « Je veux être le président qui s’efforcera de moraliser le capitalisme » n’a rien fait ni pour corriger la dérive du partage de la valeur ajoutée vers les actionnaires, ni pour empêcher la spéculation irresponsable du système financier. Et encore moins contre la dérégulation imposée par Bruxelles aux états membres de l’Union européenne. Ce quinquennat aura laissé une trace indélébile de méfiance, de déception et de blocage au sein de la France. Il laisse un pays divisé, en crise morale, en crise d’avenir, en crise d’identité. La question de 2012 sera celle de l’héritage, car le libéralisme incontrôlé laisse vite la place à ses deux enfants naturels que sont le populisme et le communautarisme. Alors que faire ? Peut-être se poser une question fondamentale : "qu'ai-je voté le 29 mai 2005" ? Pour ou contre cette construction européenne qui fait s'effondrer la France et l'Europe... Voilà une piste ! |




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