En installant le nouveau Préfet de l’Isère, Nicolas Sarkozy a dévoilé à Grenoble, ville qui avait été le théâtre de violences urbaines il y a quelques semaines, l’essentiel de ses nouvelles mesures contre la délinquance. Les commentateurs politiques y voient un rapprochement avec les thèses de l’extrême droite et estiment que Nicolas Sarkozy essaie d’attirer à nouveau la part de l’électorat du Front National qui l’avait soutenu en 2007. La faculté de retirer la nationalité française en cas de violence sur un agent de la force publique, de refuser la naturalisation à un mineur délinquant au moment de sa majorité, de soumettre à un examen plus approfondi les droits et les prestations des étrangers en situation irrégulière,- censés être mieux traités que ceux en situation régulière et légale, la saisine immédiate du tribunal pour enfant en cas de délinquance de mineurs, la punition des parents négligents ;tout cela appartient à l’arsenal répressif prôné par le Front National. Ces préconisations se caractérisent par un amalgame xénophobe et raciste, des contre- vérités, et sont difficiles à mettre en œuvre. Les étrangers en situation irrégulière ne touchent pas plus que ceux qui sont dans la légalité. Ils paient même des impôts, mais leur patron, lui, est soulagé des charges sociales. Personnellement, je trouve que c’est grave d’être déchu de la nationalité française, car j’aime la France, ses idées et sa culture. Je me sens français, mais si j’étais un criminel endurci, je crois que la menace de la déchéance nationale me laisserait indifférent. Le reste est de la même veine. La France est signataire de la Charte des droits de l’enfant, qui stipule que tout enfant a droit à une nationalité. On ne peut lui dénier ce droit sans s’exposer à un recours. Quant aux parents négligents, les punir semble difficile, car s’ils sont responsables civilement des actes de leurs enfants, ils ne le sont pas juridiquement car, en droit français la culpabilité repose, par principe, sur l’intention de commettre le délit. Plutôt que d’annoncer en rafales des mesures qui ne marchent pas, il faut prendre le temps de réfléchir. Sans réunir tout de suite un Grenelle de l’Insécurité,- qui s’imposera certainement, au moment des échéances politiques nationales, il faut voir ce qui marche et le mettre en œuvre. Cela existe. L’accroissement des effectifs policiers sur le terrain, en nombre suffisant, et se faisant respecter est le premier moyen évident. Leur intervention doit être sans répit, dans les lieux où la délinquance est circonscrite. Tel est le problème rencontré actuellement à Massy où la vie quotidienne des habitants de lieux bien précis est pourrie par de petits délinquants et revendeurs sans que la police ne fasse rien, malgré d’incessantes relances Devant le spectacle de voitures de luxe conduites par des jeunes tout juste majeurs, on songe à l’utilisation de GIR (groupements d'intervention régionale), idée de Jean-Pierre Chevènement, groupe associant douaniers, policiers ou gendarmes et services fiscaux ou administratifs, notamment pour vérifier la légalité des possessions d'un délinquant présumé et procéder à des saisies si besoin. Les moyens humains, matériels, juridiques existent. Il faut agir sans faire de basse politique. |