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La Grèce : quel avenir pour l'Euro ? - mai10

 

 

La Grèce, dans notre culture européenne, c’est l’invention de la démocratie, un petit peuple sauvant sa liberté et son indépendance contre un gigantesque voisin, des temples aux colonnades magnifiques qui ont servi ensuite de modèles aux constructions publiques du monde entier, à commencer par Rome.

 

Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment cela, la Grèce. C’est le mauvais élève de l’Europe, qui a menti sur son équilibre budgétaire pour y entrer et qui a vécu au-dessus de ses moyens. Ne pas l’aider, c’est cependant exposer l’Europe monétaire et boursière à une série de banqueroutes d’Etats en cascade : après la Grèce, l’Espagne, puis le Portugal, l’Italie, la France, et enfin les Etats les plus solides financièrement d’Europe, l’Allemagne, le Bénélux…

 

Qui douterait maintenant que l’Europe qu’on nous a faite, malgré le vote d’avertissement sur le traité de Maastricht, malgré le refus de la Constitution Giscard en 2005 n’est autre qu’un château de carte prêt à s’effondrer au moindre souffle monétaire ?

 

Car les institutions de Bruxelles ont été incapables de prendre leurs responsabilités et de juguler la crise grecque. Bruxelles n’a rien fait. La Président de la Banque Centrale Européenne Jean Claude Trichet n’a rien fait. Ce sont les Etats nationaux, la France, et à contre-cœur l’Allemagne, qui ont finalement fait le « travail », surtout pour arrêter la chute de l’Euro. L’Europe n’a rien fait. Les banques ont joué, les contribuables devront en payer les frais! Les conséquences ? Le gel des salaires, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et sans doute une augmentation de la fiscalité.

 

Les prêts attribués en aide à la Grèce, à condition qu’elle s’engage à mener une politique de d’austérité budgétaire, ont pour finalité ultime d’éviter la dégradation continue de l’EURO face au dollar, à la livre, au yuan. Mais une politique d’austérité budgétaire n’a jamais réussi à sortir un pays de la crise. Les préconisations du FMI et de l’Europe sont-elles réellement applicables à la Grèce ? On a glosé sur la suppression des 13èmes et 14èmes mois des fonctionnaires. Mais ce sont des primes qui leur permettent tout juste de vivre. Il faut au contraire que l’Etat assume davantage de prestations sociales, stimule la reprise économique en développant la consommation intérieure et en favorisant l’exportation, En d’autres temps, la Grèce aurait dévalué sa monnaie nationale plus que bi-millénaire, la drachme. Mais la Drachme n’existe plus.

 

En outre ce n’est pas en subventionnant à fonds perdus la Grèce qu’on pourra maintenir l’Euro fort. Pour que la monnaie d’un pays soit forte il faut qu’il ait une bonne économie, bien gérée. Or l’économie européenne est en crise, sans pilote, sans gouvernail. L’affaiblissement de l’Euro est dû à la mauvaise santé de l’Economie européenne et à son incapacité à avoir une ligne claire, maîtrisée.

 

Enfin, si la politique de prêt à la Grèce rassure les marchés boursiers, il est à craindre que d’autres zones à risques apparaissent, comme le Portugal, l’Espagne… La France et (peut-être) l’Allemagne vont-elles continuer de lever à chaque fois des fonds sous forme d’emprunts quitte à finir elles aussi en déficit aggravé ?

 

Pendant ce temps là les spéculateurs font leurs affaires et les Français paient. Car c’est le sentiment que nos concitoyens partagent depuis le début de la crise économique. Les Français ont été contraints d’accepter une diminution considérable de la qualité des prestations des services publiques par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, une réduction drastique des aides sociales, une baisse des remboursements médicaux, une dégradation de l’enseignement public faute d’un encadrement suffisant. Ils ne voient pas l’utilité réelle de tous ces sacrifices. Pendant ce temps- là l’Etat a subventionné les banques, sans y exercer le moindre droit de regard, ce qui serait le minimum quand on met de l’argent dans une affaire ! Et voici que maintenant l’Etat apporte 6 milliards à la Grèce sans qu’il soit certain qu’elle sorte de la crise, ni que d’autres pays lui emboîtent le pas.

 

Impuissants et résignés les Français voient leur argent englouti dans les abîmes sans fond des systèmes bancaires européens. Est-il possible de s’en sortir ?

 

Pour le système bancaire, il est évident que l’Etat doit en contrepartie de ses subventions contrôler la gestion et la politique d’investissement des banques par le moyen de représentants dans leurs conseils d’administration. Cela lui permettra d’orienter davantage  l’investissement en direction des PMI /PME qui sont une des clefs de la relance de l’économie et de l’emploi.

 

Pour la crise européenne, la Grèce risque tôt ou tard devoir sortir de l’Euro, et dévaluer sa monnaie restaurée, la drachme, pour retrouver sa compétitivité. Pour l’Europe, le mieux serait de remplacer la monnaie unique par une monnaie commune d’échange européenne et mondiale, formée d’un panel de monnaies nationales européennes à hauteur variables et variant selon la situation des économies nationales.

   

Crèches : Un tour de passe-passe n’améliorera pas le taux d’encadrement des enfants ! avril10

 

 

Les professionnels de la petite enfance étaient en grève jeudi 8 avril pour s’opposer au projet de décret de Nadine Morano.  Il y avait déjà eu un premier mouvement en février (dépôt de pétition), le 11 mars (Audience à  Matignon, mais en vain). Le projet de Nadine Morano consiste à élever le taux d’accueil ponctuel de 10 à 20 % « afin d’optimiser les places libres à certains moments de la journée ou de la semaine »  comme c’est déjà le cas pour les crèches de moins de 20 places (qui peuvent effectuer des dépassements de 10%). Ce taux passera à 15% pour les crèches, de 20 à 40 berceaux et à 20 % pour les structures de plus de 40 berceaux 

Le projet de décret ne modifie pas le taux d’encadrement qui reste fixé à un adulte pour 5 bébés et à un adulte pour 8enfants qui marchent. Et pourtant une structure conçue pour 60 bébés pourra accueillir dans les mêmes locaux et sans personnel supplémentaire 72 enfants.  

C’est en décomptant les moments creux de la journée (tôt le matin, tard le soir) où les crèches ne sont pas occupées à pleine capacité, que Nadine Morano parvient à une moyenne d’enfants accueillis similaire. Joli tour de passe-passe.Certes le projet de décret a pour avantage d’optimiser la fréquentation des crèches (qui conditionne le montant des subventions) et de répondre à la demande d’un plus grand nombre de familles.

Il est cependant évident que pendant les heures les plus fréquentées de la journée, le nombre d’encadrants restant le même, ils seront forcément moins par enfant. Ce tour de passe- passe revient en pratique à changer les normes d’encadrement par enfant et par bébé.Du coup les crèches  ne jouent plus alors leur rôle d’éveil, elles sont de simples garderies, voire des « consignes » pour reprendre le mot du collectif. 

Nadine Morano, pour justifier son projet de décret prétend que « le taux d’occupation des crèches est de 67% »Cela lui laisse une belle marge ! Mais ce taux moyen ne recouvre pas les réalités locales. En région parisienne, le taux dépasse les 70 % et le manque de places de crèche se fait cruellement sentir.

C’est le cas à Massy également. Le projet de décret apporterait certainement une belle aubaine arithmétique à monsieur DELAHAYE,  prompt à dire pendant sa campagne aux municipales qu’il n’y avait pas de problème d’accueil en crèche à Massy ! A cela s’ajoutent des problèmes d’infrastructures et de capacité d’accueil en Maternelle (liste d’attente pour les enfants de Vilmorin demandant une place en école maternelle à Villaine, et qui ne seront bien sûr pas prioritaires par rapport enfants de Villaine).

Pour revenir aux crèches, l’autre aspect du problème est aussi le manque de personnel d’encadrement suffisamment formé, ceci étant lié à une pénurie de personnel sur le marché du travail. Pourtant ce n’est pas la solutionque d’ajuster la loi à cette situation critique, en remplaçant les Puéricultrices par les Educateurs de Jeunes Enfants, les Educateurs de Jeunes Enfants  par les Auxiliaires de puéricultures, les Auxiliaires de Puéricultures par des CAP. On ne fait que déplacer le problème et dégrader la qualité de prise en charge de la petite enfance en structure collective. Il serait plus approprié de développer les moyens nécessaires pour permettre à davantage de candidats d’accéder aux formations diplômantes. Or beaucoup attendent des années avant d’y avoir accès. Ce dernier point est essentiel si l’on veut que les crèches en France continuent d’assurer leur rôle d’éveil.

Mais avec des effectifs de bébés ou d’enfants hors normes et donc des conditions de travail insupportables, combien de jeunes qui aiment s’occuper des enfants  accepteront de s’engager dans un métier où ils seront constamment sur les dents ? Un métier qui n’aura plus de sens, puisqu’il ne sera plus possible de penser l’enfant, de lui apporter du bien-être et un épanouissement aussi bien physique que psychique, d’apporter aux familles un soutien quotidien dans les étapes de vie de leur enfant.

Comment peut on accepter de revenir aux conditions d’accueille d’il y a 50 ans ?

Madame M.

 


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