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La Grèce, dans notre culture européenne, c’est l’invention de la démocratie, un petit peuple sauvant sa liberté et son indépendance contre un gigantesque voisin, des temples aux colonnades magnifiques qui ont servi ensuite de modèles aux constructions publiques du monde entier, à commencer par Rome. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment cela, la Grèce. C’est le mauvais élève de l’Europe, qui a menti sur son équilibre budgétaire pour y entrer et qui a vécu au-dessus de ses moyens. Ne pas l’aider, c’est cependant exposer l’Europe monétaire et boursière à une série de banqueroutes d’Etats en cascade : après la Grèce, l’Espagne, puis le Portugal, l’Italie, la France, et enfin les Etats les plus solides financièrement d’Europe, l’Allemagne, le Bénélux… Qui douterait maintenant que l’Europe qu’on nous a faite, malgré le vote d’avertissement sur le traité de Maastricht, malgré le refus de la Constitution Giscard en 2005 n’est autre qu’un château de carte prêt à s’effondrer au moindre souffle monétaire ? Car les institutions de Bruxelles ont été incapables de prendre leurs responsabilités et de juguler la crise grecque. Bruxelles n’a rien fait. La Président de la Banque Centrale Européenne Jean Claude Trichet n’a rien fait. Ce sont les Etats nationaux, la France, et à contre-cœur l’Allemagne, qui ont finalement fait le « travail », surtout pour arrêter la chute de l’Euro. L’Europe n’a rien fait. Les banques ont joué, les contribuables devront en payer les frais! Les conséquences ? Le gel des salaires, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et sans doute une augmentation de la fiscalité. Les prêts attribués en aide à la Grèce, à condition qu’elle s’engage à mener une politique de d’austérité budgétaire, ont pour finalité ultime d’éviter la dégradation continue de l’EURO face au dollar, à la livre, au yuan. Mais une politique d’austérité budgétaire n’a jamais réussi à sortir un pays de la crise. Les préconisations du FMI et de l’Europe sont-elles réellement applicables à la Grèce ? On a glosé sur la suppression des 13èmes et 14èmes mois des fonctionnaires. Mais ce sont des primes qui leur permettent tout juste de vivre. Il faut au contraire que l’Etat assume davantage de prestations sociales, stimule la reprise économique en développant la consommation intérieure et en favorisant l’exportation, En d’autres temps, la Grèce aurait dévalué sa monnaie nationale plus que bi-millénaire, la drachme. Mais la Drachme n’existe plus. En outre ce n’est pas en subventionnant à fonds perdus la Grèce qu’on pourra maintenir l’Euro fort. Pour que la monnaie d’un pays soit forte il faut qu’il ait une bonne économie, bien gérée. Or l’économie européenne est en crise, sans pilote, sans gouvernail. L’affaiblissement de l’Euro est dû à la mauvaise santé de l’Economie européenne et à son incapacité à avoir une ligne claire, maîtrisée. Enfin, si la politique de prêt à la Grèce rassure les marchés boursiers, il est à craindre que d’autres zones à risques apparaissent, comme le Portugal, l’Espagne… La France et (peut-être) l’Allemagne vont-elles continuer de lever à chaque fois des fonds sous forme d’emprunts quitte à finir elles aussi en déficit aggravé ? Pendant ce temps là les spéculateurs font leurs affaires et les Français paient. Car c’est le sentiment que nos concitoyens partagent depuis le début de la crise économique. Les Français ont été contraints d’accepter une diminution considérable de la qualité des prestations des services publiques par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, une réduction drastique des aides sociales, une baisse des remboursements médicaux, une dégradation de l’enseignement public faute d’un encadrement suffisant. Ils ne voient pas l’utilité réelle de tous ces sacrifices. Pendant ce temps- là l’Etat a subventionné les banques, sans y exercer le moindre droit de regard, ce qui serait le minimum quand on met de l’argent dans une affaire ! Et voici que maintenant l’Etat apporte 6 milliards à la Grèce sans qu’il soit certain qu’elle sorte de la crise, ni que d’autres pays lui emboîtent le pas. Impuissants et résignés les Français voient leur argent englouti dans les abîmes sans fond des systèmes bancaires européens. Est-il possible de s’en sortir ? Pour le système bancaire, il est évident que l’Etat doit en contrepartie de ses subventions contrôler la gestion et la politique d’investissement des banques par le moyen de représentants dans leurs conseils d’administration. Cela lui permettra d’orienter davantage l’investissement en direction des PMI /PME qui sont une des clefs de la relance de l’économie et de l’emploi. Pour la crise européenne, la Grèce risque tôt ou tard devoir sortir de l’Euro, et dévaluer sa monnaie restaurée, la drachme, pour retrouver sa compétitivité. Pour l’Europe, le mieux serait de remplacer la monnaie unique par une monnaie commune d’échange européenne et mondiale, formée d’un panel de monnaies nationales européennes à hauteur variables et variant selon la situation des économies nationales. |






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