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Les professionnels de la petite enfance étaient en grève jeudi 8 avril pour s’opposer au projet de décret de Nadine Morano. Il y avait déjà eu un premier mouvement en février (dépôt de pétition), le 11 mars (Audience à Matignon, mais en vain). Le projet de Nadine Morano consiste à élever le taux d’accueil ponctuel de 10 à 20 % « afin d’optimiser les places libres à certains moments de la journée ou de la semaine » comme c’est déjà le cas pour les crèches de moins de 20 places (qui peuvent effectuer des dépassements de 10%). Ce taux passera à 15% pour les crèches, de 20 à 40 berceaux et à 20 % pour les structures de plus de 40 berceaux Le projet de décret ne modifie pas le taux d’encadrement qui reste fixé à un adulte pour 5 bébés et à un adulte pour 8enfants qui marchent. Et pourtant une structure conçue pour 60 bébés pourra accueillir dans les mêmes locaux et sans personnel supplémentaire 72 enfants. C’est en décomptant les moments creux de la journée (tôt le matin, tard le soir) où les crèches ne sont pas occupées à pleine capacité, que Nadine Morano parvient à une moyenne d’enfants accueillis similaire. Joli tour de passe-passe.Certes le projet de décret a pour avantage d’optimiser la fréquentation des crèches (qui conditionne le montant des subventions) et de répondre à la demande d’un plus grand nombre de familles. Il est cependant évident que pendant les heures les plus fréquentées de la journée, le nombre d’encadrants restant le même, ils seront forcément moins par enfant. Ce tour de passe- passe revient en pratique à changer les normes d’encadrement par enfant et par bébé.Du coup les crèches ne jouent plus alors leur rôle d’éveil, elles sont de simples garderies, voire des « consignes » pour reprendre le mot du collectif. Nadine Morano, pour justifier son projet de décret prétend que « le taux d’occupation des crèches est de 67% »Cela lui laisse une belle marge ! Mais ce taux moyen ne recouvre pas les réalités locales. En région parisienne, le taux dépasse les 70 % et le manque de places de crèche se fait cruellement sentir. C’est le cas à Massy également. Le projet de décret apporterait certainement une belle aubaine arithmétique à monsieur DELAHAYE, prompt à dire pendant sa campagne aux municipales qu’il n’y avait pas de problème d’accueil en crèche à Massy ! A cela s’ajoutent des problèmes d’infrastructures et de capacité d’accueil en Maternelle (liste d’attente pour les enfants de Vilmorin demandant une place en école maternelle à Villaine, et qui ne seront bien sûr pas prioritaires par rapport enfants de Villaine). Pour revenir aux crèches, l’autre aspect du problème est aussi le manque de personnel d’encadrement suffisamment formé, ceci étant lié à une pénurie de personnel sur le marché du travail. Pourtant ce n’est pas la solutionque d’ajuster la loi à cette situation critique, en remplaçant les Puéricultrices par les Educateurs de Jeunes Enfants, les Educateurs de Jeunes Enfants par les Auxiliaires de puéricultures, les Auxiliaires de Puéricultures par des CAP. On ne fait que déplacer le problème et dégrader la qualité de prise en charge de la petite enfance en structure collective. Il serait plus approprié de développer les moyens nécessaires pour permettre à davantage de candidats d’accéder aux formations diplômantes. Or beaucoup attendent des années avant d’y avoir accès. Ce dernier point est essentiel si l’on veut que les crèches en France continuent d’assurer leur rôle d’éveil. Mais avec des effectifs de bébés ou d’enfants hors normes et donc des conditions de travail insupportables, combien de jeunes qui aiment s’occuper des enfants accepteront de s’engager dans un métier où ils seront constamment sur les dents ? Un métier qui n’aura plus de sens, puisqu’il ne sera plus possible de penser l’enfant, de lui apporter du bien-être et un épanouissement aussi bien physique que psychique, d’apporter aux familles un soutien quotidien dans les étapes de vie de leur enfant. Comment peut on accepter de revenir aux conditions d’accueille d’il y a 50 ans ? Madame M. |




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